Mon année de repos et de détente d’Otessa Moshfegh

Salut ! J’espère que vous allez bien en cette période toujours aussi étrange,

Aujourd’hui je voudrai fêter le déconfinement (deux semaines après oups) en vous parlant d’un roman dont le personnage principal a choisi de s’auto-confiner : Mon année de repos et de détente d’Otessa Monghfield.

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Mon année de repos et de détente d’Otessa Moshfegh

Fayard, 2019

304 pages, 20,90 euros

[l’ayant lu en VO (anglais), je ne peux pas prendre en compte la traduction française]

Résumé : 

« J’avais commencé à hiberner tant bien que mal à la mi-juin de l’an 2000. J’avais vingt-six ans… J’ai pris des cachets à haute dose et je dormais jour et nuit, avec des pauses de deux à trois heures. Je trouvais ça bien. Je faisais enfin quelque chose qui comptait vraiment. Le sommeil me semblait productif. Quelque chose était en train de se mettre en place. En mon for intérieur, je savais – c’était peut-être la seule chose que mon for intérieur ait sue à l’époque – qu’une fois que j’aurais assez dormi, j’irais bien. Je serais renouvelée, ressuscitée… Ma vie passée ne serait qu’un rêve, et je pourrais sans regret repartir de zéro, renforcée par la béatitude et la sérénité que j’aurais accumulées pendant mon année de repos et de détente. »
Jeune, belle, riche, fraîchement diplômée de l’université de Columbia, l’héroïne du nouveau roman d’Ottessa Moshfegh décide de tout plaquer pour entamer une longue hibernation en s’assommant de somnifères. Tandis que l’on passe de l’hilarité au rire jaune en découvrant les tribulations de cette Oblomov de la génération Y qui somnole d’un bout à l’autre du récit, la romancière s’attaque aux travers de son temps avec une lucidité implacable, et à sa manière, méchamment drôle.

Mon avis : 

Tout d’abord, j’ai lu ce roman dans le cadre du Reading rush spécial confinement. Le thème était : un roman qui se déroule dans un endroit où vous souhaiteriez être. Le roman se passe à New-York et en vérité, en ce moment-comme tout le monde, j’aimerai être un peu partout… Mais ce roman ne m’a absolument pas permis de m’évader. En effet, l’héroïne du roman d’Otessa Mo a décidé de dormir chez elle, pendant une année. Comme roman qui fait voyager, on a vu mieux.

La narratrice du roman n’a pas de prénom, comme si elle se cherchait encore une identité, que dormir parviendrait à lui donner une réponse. Le thème de l’identité est central dans ce roman, peut-on se réinventer, renaître, hiberner pour devenir une nouvelle personne ?

Mais, qui est cette narratrice ? Une jeune fille blanche, éduquée, jolie, aisée, orpheline, habitant dans le quartier le plus chic de New-York mais aussi une femme perdue, fatiguée, qui ne voit qu’une solution pour échapper à ses problèmes et ses émotions : se régénérer en dormant une année. C’est l’un des personnages le plus irritant que j’ai pu rencontrer dans mes lectures. Cynique, sombre, méchante, totalement tarée… L’autrice n’a pas cherché à ce que l’on s’attache à elle. Avec ce personnage, elle brosse le portrait d’une humanité borderline, qui à l’aube d’un nouveau millénaire ne se sent pas amène d’affronter le monde réel. Car le choix de l’année 2000 pour placer son récit n’est pas anodin. Une année qui marque une nouvelle ère, celle de tous les possibles, celle où l’ont peut, comme l’héroïne, se régénérer. Mais aussi une année d’insouciance, de relâchement, de pause avant ce qui va marquer le vrai début d’une nouvelle ère : l’attentat du 9/11, menace qui pèse sur tout le roman.

L’écriture plonge le lecteur dans un état comateux. Le roman est une longue énumération des différents calmants que prend la narratrice pour parvenir à dormir le plus profondément possible. Et à travers les yeux de cette narratrice, shootée aux médicaments mais méchamment lucide sur le monde qui l’entoure, on a accès à différents personnages que dépeint l’autrice avec un humour grinçant sur le ton d’une satire sociale : la meilleure amie qui tente désespérément de rentrer dans le microsome New-yorkais, la psychiatre inconsciente qui prescrit des médicaments à tour de bras sans écouter ses patients, l’artiste moderne fétiche d’une industrie de l’art sans logique ni profondeur… La société New-Yorkaise est passée au crible.

Mais ce qui m’a le plus étonné dans ce roman, c’est son rythme extrêmement improbable. En effet, les trois cents premières pages sont une longue litanie où l’ont est perdu dans les affabulations du personnage principal. Mais le dernier chapitre, deux pages seulement fait l’effet d’une douche froide, un réveil attendu mais brusque. L’autrice en dit plus en deux pages que dans tout le roman, et l’on en ressort en se demandant « que vient-il de se passer ? »

Mon année de repos et de détente n’est pas un roman agréable, il est même douloureux, de part son héroïne irritante, son humour grinçant, son écriture comateuse et son rythme inconfortable. Alors oui, il n’est pas plaisant. Mais il sonne un peu comme une expérience de savant fou, un défi littéraire que se serai lancé l’autrice « et si je faisais passer un mauvais moment au lecteur de façon brillante ? ». Alors laissez-moi vous dire, Otessa Moshfegh, que ce défi, vous l’avez totalement relevé ! 

J’espère que mon avis vous aura donné envie de lire ce roman (ou au moins piqué votre curiosité) sur ce roman ! Je vous retrouve bientôt, mais d’ici là, bonnes aven(lec)tures,

Garance

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